La ville portuaire d’Aden, siège du gouvernement yéménite reconnu internationalement, a été frappée par une série de tirs de missiles balistiques dirigés vers le palais présidentiel, causant la mort de cinq personnes et en blessant seize.
Selon le ministre de l’Information, Moammar al-Eryani, le Premier ministre Shaya Zindani et plusieurs membres du gouvernement sont sortis indemnes de cette attaque qui visait le palais d’al-Maashiq. L’initiative a été revendiquée par les forces Houthis. Leur porte-parole militaire, Yahya Sarea, a quant à lui affirmé que la cible visée était en réalité le « quartier général des opérations militaires saoudiennes à Aden ».
Le ministre yéménite de la Santé, Qasim Buhaibeh, a précisé que les victimes comprenaient des agents chargés de la sécurité du site ainsi que des employés civils. Face à cette attaque, le Premier ministre a condamné un acte qu’il qualifie de « lâche » et de « poursuite des comportements criminels » des Houthis.
Le gouvernement, soutenu militairement par une coalition menée par l’Arabie saoudite, continue d’affirmer son intention de poursuivre les opérations contre les forces rebelles dans diverses zones stratégiques, notamment la côte sud-ouest du Yémen et les fronts autour de la mer Rouge.
La coalition dirigée par Riyad a par ailleurs intercepté un missile de croisière près de Médine, bien que les Houthis aient nié toute implication dans cette attaque. Depuis plusieurs mois, les rebelles houthis multiplient les attaques par missiles et drones contre des infrastructures clés en Arabie saoudite, notamment des aéroports, des installations pétrolières et des bases militaires, en représailles aux frappes contre leur territoire, notamment autour de la capitale Sanaa.
Cette escalade a culminé récemment avec un bombardement meurtrier à l’aéroport international de Riyad, faisant treize victimes, le bilan le plus lourd en Arabie saoudite depuis plus d’une décennie. La coalition accuse par ailleurs l’Iran de soutenir matériellement les Houthis, en violation des résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU, accusation répétée par le vice-ministre saoudien des Affaires étrangères.
Le conflit yéménite, qui perdure depuis 2014, a profondément déstabilisé la région, affectant indirectement les intérêts stratégiques et économiques en Méditerranée et au Moyen-Orient, dont l’Algérie suit les évolutions compte tenu de ses liens historiques et de son rôle dans la diplomatie africaine et arabe.
Très préoccupée par la dégradation humanitaire dans le pays, l’ONU rapporte un nombre important de déplacés internes et une augmentation alarmante des cas de choléra, conséquence directe des hostilités. En parallèle, les forces pro-gouvernementales ont lancé dernièrement une contre-offensive majeure pour reprendre le contrôle de territoires stratégiques notamment autour du détroit de Bab al-Mandab, point névralgique pour le commerce maritime mondial.
La guerre au Yémen, alimentée par une rivalité régionale entre l’Iran et l’Arabie saoudite, continue ainsi de nourrir des tensions qui dépassent les frontières du pays et le conflit civil, donnant lieu à une crise aux répercussions internationales majeures.


