« Ink » dévoile l’ascension de Rupert Murdoch dans le paysage médiatique britannique à travers une fresque troublante signée Danny Boyle.
Une première londonienne très attendue
Le drame « Ink » a été présenté pour la première fois au public britannique lors du Festival du Film de Londres, après avoir ouvert le Festival de Venise un mois auparavant. Le réalisateur Danny Boyle, accompagnée des acteurs principaux Jack O’Connell et Guy Pearce, ont foulé le tapis rouge de cet événement prestigieux pour dévoiler leur œuvre évoquant les débuts de Rupert Murdoch dans l’univers des journaux britanniques.
Un regard brut sur les débuts de Rupert Murdoch
Adapté de la pièce de théâtre de James Graham, « Ink » raconte l’histoire de Rupert Murdoch, incarné par Guy Pearce, alors qu’il prend en main le tabloïd en difficulté The Sun en 1969. Sous sa direction, épaulé par Larry Lamb, campé par Jack O’Connell, le journal adopte une ligne éditoriale populiste et très à droite, incarnant une nouvelle ère dans les médias britanniques. Cette expérience a notamment servi de tremplin à Murdoch pour son expansion médiatique aux États-Unis avec le New York Post et Fox News.
Des personnages complexes et une époque charnière
Le film se déroule dans le cadre mythique et quelque peu décadent de Fleet Street, ancienne plaque tournante du journalisme britannique. Jack O’Connell offre une nuance approfondie à son personnage de Larry Lamb, le définissant comme un homme ambitieux plutôt qu’un antagoniste purement malveillant. De son côté, Guy Pearce, qui a évoqué la possibilité de rencontrer Rupert Murdoch himself, se montre conscient de l’ambivalence que peut susciter son rôle.
Une résonance contemporaine selon Danny Boyle et James Graham
Danny Boyle estime que le film illustre l’origine d’une économie de l’attention qui nous entoure aujourd’hui, celle du sensationnalisme et du « clickbait ». Selon lui, « Ink » révèle le moment où ce feu a commencé à se propager dans les médias, un phénomène désormais omniprésent dans notre société.
Le dramaturge James Graham partage cette analyse, soulignant le caractère profondément britannique du projet. Il rappelle que le chemin emprunté par The Sun dans les années 1960, pour passer du journal le moins vendu au plus populaire au monde, reflète les dynamiques actuelles de disruption que l’on observe dans la technologie et les médias.
Une production rhabillée par l’énergie de Londres
La spécificité de Fleet Street, avec son atmosphère unique entre culture et décadence, joue un rôle crucial dans l’histoire portée à l’écran. James Graham insiste sur son attrait universel malgré cette dimension très anglaise, affirmant que personne d’autre ne possède une telle concentration médiatique symbolique.
Enfin, Jack O’Connell a révélé que sa collaboration avec Danny Boyle se poursuit, même si le réalisateur est actuellement discret sur leurs prochains projets communs. L’acteur a aussi évoqué son intérêt pour le film « Wild Horse Nine » de Martin McDonagh, l’un des titres phares de cette année.



