La Chine est désormais le premier producteur mondial de véhicules, mettant sous pression l’industrie automobile européenne. En 2025, la Chine a fabriqué 34 millions de véhicules, avec une capacité pouvant atteindre jusqu’à 45 millions. Cette production massive dépasse largement celle des États-Unis et du Japon et reflète une croissance des ventes sur son propre marché de plus de 150 % en quinze ans.
Face à un marché intérieur de plus en plus saturé, les constructeurs chinois cherchent à s’imposer en Europe. La part de marché des véhicules chinois dans l’Union européenne est ainsi passée de 0,5 % en 2021 à plus de 6 % en 2025. Parallèlement, plusieurs projets de production sur le Vieux Continent ont été lancés, notamment avec une usine récemment ouverte en Hongrie. En France, les showrooms de marques chinoises comme BYD se multiplient, attestant de cette montée en puissance.
Cette expansion inquiète les industriels européens. Bernard Julien, spécialiste de l’économie automobile, souligne que la Chine pourrait largement couvrir la totalité des besoins européens en véhicules, menaçant ainsi la pérennité des constructeurs locaux. Cette situation entraîne des répercussions en Allemagne, où Volkswagen a annoncé la suppression de 50 000 emplois d’ici 2030.
Pour répondre à cette offensive, l’Union européenne a affiché sa volonté de protéger son industrie. Elle a obtenu un accord de principe avec Pékin visant à « modérer » les exportations chinoises de véhicules hybrides vers l’Europe. Cette démarche fait suite à une menace d’augmentation des taxes douanières sur les importations. Dans le même temps, les États-Unis ont imposé depuis 2024 un droit de douane de 100 % sur les voitures électriques chinoises pour limiter leur pénétration.
Du côté français, l’effort est porté sur la transition vers l’électrique, avec notamment la production locale de modèles phares comme la Renault 5 électrique. Cette stratégie vise à renforcer la compétitivité nationale face aux importations étrangères.
Pour l’Algérie, pays avec lequel la France et l’Union européenne entretiennent des relations économiques et industrielles, notamment dans le secteur automobile, les évolutions mondiales influencent indirectement le marché local. La montée en puissance de la Chine pourrait modifier les équilibres commerciaux et les choix industriels dans la région méditerranéenne, où l’industrie automobile est en développement.



