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samedi 24 octobre 2026

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Procès en Allemagne d’un Ukrainien accusé d’avoir saboté Nord Stream

Serhii K, Ukrainien, est jugé à Hambourg pour le sabotage des gazoducs Nord Stream, une affaire complexe entre Berlin et Kiev portant sur un acte de guerre.

Illustration pour l’article Procès en Allemagne d’un Ukrainien accusé d’avoir saboté Nord Stream (c) Alger DZ
Illustration pour l’article Procès en Allemagne d’un Ukrainien accusé d’avoir saboté Nord Stream (c) Alger DZ

Quatre ans après les explosions ayant gravement endommagé les gazoducs Nord Stream, un procès s’ouvre à Hambourg contre un ressortissant ukrainien accusé d’être à l’origine de cet acte.

Serhii K, identifié par les autorités allemandes, fait face à des accusations de conspiration avec d’autres militaires ukrainiens pour faire sauter les conduites de gaz russes reliant la Russie à l’Allemagne. Ces gazoducs, sabotés en septembre 2022 au large de l’île de Bornholm dans la mer Baltique, constituaient une source essentielle de revenus pour la Russie en soutien à son effort militaire.

Le procès est suivi de près en Allemagne où, malgré un soutien fort à l’Ukraine depuis l’invasion russe début 2022, cette affaire met à l’épreuve les liens diplomatiques entre les deux pays. Serhii K, extradé d’Italie l’an dernier, est le premier suspect à être traduit en justice pour ces attaques. Il conteste les charges, tout comme un second suspect ukrainien dont l’extradition est en instance depuis la Croatie.

Initialement, les soupçons occidentaux se tournaient vers Moscou, mais aucune accusation publique formelle n’avait été portée. La Russie elle-même avait coupé l’approvisionnement en gaz avant les explosions survenues en septembre 2022 et avait accusé les États-Unis et le Royaume-Uni, qui ont nié toute implication.

Les enquêteurs allemands, danois et suédois ont orienté leurs recherches vers un groupe de plongeurs professionnels ukrainiens ayant loué un yacht près de Rostock en Allemagne. Des traces d’explosifs sous-marins ont été retrouvées sur ce bateau.

Malgré les tensions que ce procès pourrait engendrer, les autorités allemandes ont maintenu leur démarche judiciaire, notamment après que la Cour fédérale allemande a confirmé la compétence du tribunal allemand en raison de l’atteinte à la sécurité intérieure du pays. Les procureurs qualifient cet acte de crime de guerre commis par moyens militaires contre des biens civils.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a toujours nié l’implication de son pays dans ces explosions. Toutefois, les accusations affirment que les auteurs auraient agi sous ordre d’agences étatiques ukrainiennes. Du côté du Parlement ukrainien, certains responsables refusent de confirmer la version allemande, se référant à la guerre en cours avec la Russie où Nord Stream 2 était considéré comme un outil russe.

Le procès semble vouloir rester dépolitisé, selon des experts allemands, afin d’éviter une instrumentalisation de la justice dans le contexte sensible des relations bilatérales. Celui-ci survient après l’arrestation de Serhii K à Rimini en Italie en août 2025 puis son extradition en Allemagne malgré ses recours légaux prolongés.

Un autre suspect, Volodymyr Zhuravlov, a vu une décision divergente prononcée en Pologne, sa libération étant justifiée juridiquement par une légitimité de l’acte dans un contexte de guerre. Il est actuellement détenu en Croatie en attente d’extradition.

Les autorités allemandes continuent les procédures afin d’assurer une réponse judiciaire complète à ces événements. Le procès en cours sera donc scruté par les observateurs internationaux, notamment en Algérie où les enjeux liés à la politique énergétique et aux relations internationales sont suivis avec intérêt.

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