Le gouvernement américain prépare une exécution militaire inédite depuis des décennies, celle de Nidal Hasan, responsable de la fusillade meurtrière de Fort Hood en 2009, qui sera retransmise en direct.
Le secrétaire à la Défense des États-Unis, Pete Hegseth, a annoncé que le peloton d’exécution chargé d’abattre Nidal Hasan sera filmé en direct pour permettre au public de suivre l’événement. Cette décision a été prise après l’approbation de l’ancien président Donald Trump, sur recommandation du Défense Department.
La fusillade commise par Hasan le 5 novembre 2009 sur la base militaire texane de Fort Hood avait fait 13 morts parmi les soldats désarmés présents dans un bâtiment médical. Hasan, ancien psychiatre de l’armée américaine, avait reconnu sa responsabilité lors de son procès, justifiant son acte comme une protection des musulmans et des talibans présents en Afghanistan.
Le lieu et la date de l’exécution sont fixés à Fort Hood, le 3 décembre 2026. Cette exécution marquera la première par peloton d’exécution depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale dans l’armée américaine. Jusqu’ici, aucune exécution militaire n’avait été rendue publique via une retransmission en ligne.
Cette initiative soulève des questions juridiques et éthiques. John Mills, avocat spécialisé dans les cas de peine capitale, a indiqué que cet affichage public est inhabituel et pourrait relever d’une volonté de spectacle, sans précédent dans l’histoire récente des États-Unis. De plus, le processus d’appel de Hasan n’est pas encore définitivement terminé, ce qui pourrait retarder ou empêcher l’exécution.
Le phénomène est également nouveau dans le paysage juridique américain, puisque jamais une exécution n’avait été diffusée en streaming. Les plateformes de réseaux sociaux ont généralement des politiques strictes interdisant la diffusion de contenus violents et explicites, ce qui complique la question de la diffusion exacte de cet évènement.
Selon Deborah Denno, professeure en droit, la diffusion en direct imposerait un niveau de transparence « jamais vu » dans le pays, mais pose de nombreuses interrogations quant aux conditions d’accès, notamment en matière d’âge des spectateurs et de respect des règles des diffuseurs en ligne.
Cette annonce intervient dans un contexte mondial où les exécutions publiques sont rares mais toujours pratiquées dans certains pays. Par exemple, Amnesty International a rapporté 11 exécutions publiques en Iran et six en Afghanistan en 2025.
Pour l’Algérie et plus largement le Maghreb, où la peine de mort est encore en vigueur mais rarement appliquée, cet événement américain pourrait raviver les débats autour de la peine capitale et de sa médiatisation. De plus, la sensibilité autour du profil de Hasan, se réclamant de la défense de musulmans, peut entraîner une résonance particulière dans la région.


