Les négociations commerciales entre l’Union européenne et la Chine s’intensifient alors que l’UE cherche à freiner l’afflux de voitures hybrides électriques à bas coût en provenance de Chine.
Le commissaire européen au commerce, Maroš Šefčovič, accompagné de son équipe, se rend en Chine pour deux jours de pourparlers à partir du 8 octobre 2026. L’objectif principal est d’entamer un accord pilote dans le secteur automobile, considéré comme un test pouvant être étendu à d’autres secteurs économiques dans les mois à venir.
Cette démarche intervient alors que la Chine affiche un excédent commercial record avec l’UE, à hauteur d’environ 1 milliard de livres sterling par jour. L’Union européenne souhaite ainsi contrer la croissance rapide des exportations chinoises de voitures hybrides, particulièrement attractives du fait de leur prix bas.
Ces discussions font suite à des tensions commerciales persistantes. Après que l’UE a imposé en octobre 2024 des droits de douane sur les véhicules électriques chinois, un effet de rebond a eu lieu avec une explosion des ventes de voitures hybrides, qui échappent à ces barrières tarifaires. Face à cette situation, Bruxelles a demandé le mois dernier à Pékin de limiter volontairement les exportations de véhicules hybrides.
Sur le plan politique, un tournant notable a été observé en Allemagne. Le chancelier Friedrich Merz a pris une position en adéquation avec celle du président français Emmanuel Macron, appuyant la création d’un nouvel outil pour protéger rapidement le marché intérieur européen contre des importations jugées déloyales, surnommé « kill switch ». Cette orientation reflète une volonté commune franco-allemande de répondre efficacement aux pressions industrielles et commerciales exercées par la Chine, notamment dans des secteurs clés tels que la pharmacie, l’aérospatiale, l’automobile, et la chimie.
Le rapprochement des positions des États membres et la fermeté accrue dans les négociations traduisent une prise de conscience européenne des risques liés à une délocalisation industrielle et à la concurrence chinoise très subventionnée. L’enjeu consiste désormais à voir si la Chine acceptera de faire des concessions tangibles, ou si elle privilégiera une stratégie dilatoire.
Pour l’Algérie, bien que non directement impliquée dans ce dossier, ces évolutions sont à suivre attentivement. Elles pourraient influencer les dynamiques commerciales globales, en particulier dans le secteur automobile et les échanges avec l’Union européenne, un partenaire économique clé pour l’Algérie. La montée des tensions commerciales entre grandes puissances peut avoir des répercussions sur les chaînes d’approvisionnement et les conditions d’accès aux marchés.
Ces négociations illustrent les défis actuels du commerce international, où les questions d’équité, de souveraineté industrielle et de protection des emplois se conjuguent avec la nécessité d’une coopération multilatérale. Le résultat de ces discussions est attendu avec attention lors du prochain sommet des dirigeants européens à Bruxelles.


