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samedi 24 octobre 2026

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Pourquoi la Chine refuse de créer une force paramilitaire comme Wagner en Afrique

La Chine privilégie la collaboration avec les forces locales pour la protection de ses intérêts en Afrique, évitant ainsi d'engager directement ses propres combattants, contrairement à la Russie et son groupe Wagner.

Illustration pour l’article Pourquoi la Chine refuse de créer une force paramilitaire comme Wagner en Afrique (c) Alger DZ
Illustration pour l’article Pourquoi la Chine refuse de créer une force paramilitaire comme Wagner en Afrique (c) Alger DZ

Les attaques contre les travailleurs chinois au Mali soulignent les limites de la dépendance de Pékin aux forces de sécurité africaines. À l’inverse de la Russie, qui s’est directement impliquée militairement via le groupe Wagner, la Chine évite d’envoyer ses propres forces combattantes sur le continent.

Une présence chinoise essentiellement défensive et sous contrôle

Au Mali, les violences contre la communauté chinoise se sont intensifiées ces dernières années. En mai 2026, des membres de Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM), affilié à al-Qaïda, ont brûlé de nombreux véhicules civils et lancé un embargo sur Bamako, sans que l’armée malienne ne soit présente pour assurer la sécurité dans la région. Face à ces risques, l’ambassade de Chine a lancé des alertes demandant aux ressortissants chinois de quitter certaines zones minières.

Malgré ces menaces, la Chine ne s’est pas engagée dans des opérations militaires directes. Ses entreprises de sécurité privées, comme DeWe Security Service Group, ont une vocation principalement dissuasive, organisant la formation et la coordination, sans déployer d’unités armées chinoises sur le terrain. Par exemple, lors de la crise à Juba en 2016, cette société a organisé l’évacuation des travailleurs en mobilisant des soldats locaux et des forces ougandaises plutôt qu’en engageant ses propres combattants.

Le contraste avec l’intervention russe et ses conséquences

À l’opposé, la Russie a directement soutenu les forces maliennes, notamment à travers le groupe paramilitaire Wagner, engagé dans des opérations de combat, et l’Africa Corps sous commandement russe. Cette implication a eu un coût humain important, avec notamment des attaques ayant causé la mort de centaines de soldats maliens et russes, mais aussi de nombreux civils, comme rapporté par Human Rights Watch suite à une frappe aérienne en juin 2026.

Les conséquences de la présence russe, notamment sur la réputation militaire de Moscou dans la région, sont lourdes. Le groupe Wagner, arrivé en 2021 après la dégradation des relations entre Bamako et Paris, a officiellement quitté le Mali en juin 2025, laissant l’Africa Corps poursuivre les combats.

Les stratégies différentes des puissances étrangères en Afrique et leurs implications pour l’Algérie

Le choix chinois d’éviter l’engagement militaire direct en Afrique illustre une différence fondamentale de stratégie. Pékin préfère appuyer les forces locales et limiter ses risques, même si cela signifie exposer davantage ses ressortissants à des dangers non maîtrisés. Cette posture s’inscrit dans un cadre de contrôle politique strict sur toute force armée chinoise, comme en témoigne la subordination de la Police armée populaire au Comité central du Parti communiste chinois depuis 2018.

Pour l’Algérie, acteur clé de la sécurité dans la région du Sahel, cette approche chinoise pose des questions sur la coopération sécuritaire et la gestion des menaces transnationales. La présence russe, plus musclée et militaire, contraste avec la prudence de Pékin, tandis que l’Algérie, dans sa lutte contre le terrorisme, navigue entre ces influences tout en cherchant à préserver sa souveraineté et stabiliser la région.

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