En septembre 2026, l’Algérie a pris une décision majeure en rompant officiellement ses relations diplomatiques avec les Émirats arabes unis (EAU), surprenant une partie des observateurs internationaux. Cette rupture traduit des tensions croissantes autour de l’influence régionale dans la méditerranée et en Afrique sahélienne, avec des enjeux stratégiques de taille.
Selon le ministère algérien des Affaires étrangères, cette décision s’inscrit dans un contexte de conduites jugées « hostiles » de la part d’Abu Dhabi. L’Algérie considère cette rupture comme une mesure défensive contre l’expansion financière et militaire des EAU dans sa sphère d’influence, dénonçant un jeu d’acteurs qui dépasse les simples relations bilatérales et qui redéfinit les équilibres géopolitiques régionaux.
Une dégradation progressive avant la rupture
La détérioration des rapports a été progressive et très publique, ce qui est inhabituel dans les relations diplomatiques traditionnelles. Cette dégradation a notamment coïncidé avec la normalisation des relations entre les Émirats et Israël, un mouvement que l’Algérie n’a pas voulu considérer isolément mais plutôt comme une partie d’une stratégie régionale plus large d’Abu Dhabi.
Cette stratégie inclut également un rôle croissant des EAU en Libye, un pays avec lequel l’Algérie entretient historiquement un positionnement prudent, prônant la modération et un non-interventionnisme. L’Algérie a ainsi perçu la présence des Émirats dans son voisinage comme une menace directe à sa sécurité et à son influence.
L’ascension d’Abu Dhabi dans le jeu géopolitique régional
Depuis 2011, les Émirats ont développé une politique étrangère proactive dite de « défense offensive », visant à sécuriser leurs intérêts nationaux en intervenant préventivement dans les dynamiques régionales. Ce positionnement s’est traduit par un soutien à plusieurs acteurs et opérations militaires, notamment en Égypte, en Libye, au Yémen et dans la Corne de l’Afrique.
Ces interventions dépassent le poids démographique et militaire traditionnel des EAU, la puissance cherchant à augmenter son rang par des alliances stratégiques avec des acteurs clés comme les États-Unis et Israël. La forte présence émiratie en Afrique de l’Ouest, au Sahel, mais aussi en Méditerranée orientale modifie les rapports de force, à la fois dans les sphères politique, économique et militaire.
Une rivalité au cœur du Sahel et du Maghreb
Depuis 2024, l’Algérie a alerté publiquement sur les risques liés à la politique émiratie, accusant Abu Dhabi d’utiliser des finances pour déstabiliser la région. Les mesures côté algérien ont progressivement suivi : les collaborations techniques ont été réduites, des accords essentiels comme celui sur les services aériens ont été annulés, aboutissant à un gel complet des relations diplomatiques.
Un point particulièrement sensible réside dans la position des EAU vis-à-vis du Sahara occidental. L’ouverture par les Émirats d’un consulat à Laâyoune en 2020 fut perçue par Alger comme un soutien implicite à la souveraineté marocaine, contrastant avec la défense algérienne du droit à l’autodétermination du peuple sahraoui, ce qui ravive l’antagonisme historique entre l’Algérie et le Maroc.
Cette situation complexifie la stabilité régionale et érode les espaces de coopération que l’Algérie cherchait à maintenir autour de la Méditerranée et du Sahel, menaçant de transformer ces territoires en un théâtre d’affrontement diplomatique et militaire.
En résumé, cette rupture diplomatique est bien plus qu’un simple différend bilatéral. Elle illustre une compétition stratégique lourde de conséquences pour le Sahel et la région méditerranéenne, dans laquelle l’Algérie entend défendre sa prééminence et ses intérêts face à la montée en puissance d’Abu Dhabi.



