Des dizaines de milliers de manifestants sont attendus à Delhi pour une grande manifestation organisée par le principal parti d’opposition, le Congrès, qui réclame la démission du chef de la commission électorale et des réformes du système électoral.
Ce rassemblement, prévu au Ramlila Maidan, un lieu emblématique de la capitale indienne, pourrait réunir jusqu’à un million de personnes selon les organisateurs. Plusieurs dirigeants du bloc d’opposition INDIA participeront, appuyés par le groupe de pression dirigé par la jeunesse, Cockroach Janta Party (CJP).
Une révision controversée des listes électorales
Le contexte de cette mobilisation est une vaste opération de révision des listes électorales, appelée Special Intensive Revision (SIR), qui a conduit à la suppression de 130 millions de noms sur les listes provisoires à travers le pays. La Commission électorale d’Inde (ECI) justifie cette démarche par la nécessité de mettre à jour les listes en retirant les noms des électeurs décédés ou ayant déménagé.
Mais les partis d’opposition accusent cette opération de favoriser le parti au pouvoir, le Bharatiya Janata Party (BJP) du Premier ministre Narendra Modi, en écartant des électeurs potentiellement favorables à l’opposition. Ils réclament la démission du chef de la commission électorale (CEC), Gyanesh Kumar, qu’ils soupçonnent de prendre des décisions unilatérales sans consensus avec ses collègues, selon une enquête menée par un média indien.
Des tensions accrues et une forte mobilisation
Les désaccords internes à la commission électorale sont niés par l’institution, qui souligne que les divergences d’opinion sont normales et n’affectent pas son fonctionnement. Néanmoins, les craintes restent vives et des manifestations ont été organisées dans la capitale et d’autres villes, souvent réprimées par la police.
En octobre, la capitale a été fortement bloquée par un dispositif policier conséquent afin d’empêcher des manifestations du CJP contre le CEC. Plusieurs leaders ont été arrêtés, et des heurts violents ont été observés.
Réactions et enjeux politiques
Le chef du Congrès, Rahul Gandhi, a conduit une marche de Connaught Place à la Cour suprême avant le rassemblement, qualifiant cette mobilisation de défense cruciale de la démocratie indienne. Il invite toutes les forces politiques et civiles à s’unir face, selon lui, à une tentative de démolition du système démocratique.
La police a autorisé la manifestation sous conditions strictes, notamment la fin des protestations à 17h, l’installation de caméras de surveillance et l’interdiction de défilés en dehors du site désigné. Ce rassemblement provoque aussi des opinions divergentes parmi les commerçants du quartier voisin de Chandni Chowk, certains craignant un impact négatif sur les ventes en période festive.
Le lien avec l’Algérie peut paraître indirect, mais cet événement illustre les défis démocratiques auxquels peuvent faire face les grandes démocraties émergentes, défiant la protection du droit de vote et l’intégrité des processus électoraux, des questions qui résonnent également dans plusieurs pays africains, notamment en Algérie où le pluralisme politique et la transparence électorale restent des sujets d’actualité.



