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samedi 24 octobre 2026

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Pourquoi la Chine refuse de déployer une force de combat privée en Afrique

Face aux attaques contre ses travailleurs au Mali, la Chine préfère s'appuyer sur les forces sécuritaires locales plutôt que de créer sa propre milice privée en Afrique.

Illustration pour l’article Pourquoi la Chine refuse de déployer une force de combat privée en Afrique (c) Alger DZ
Illustration pour l’article Pourquoi la Chine refuse de déployer une force de combat privée en Afrique (c) Alger DZ

En raison des agressions ciblant ses ressortissants au Mali, la Chine ajuste sa stratégie sécuritaire en Afrique, privilégiant la coopération avec les forces locales plutôt que la constitution d’une force de combat indépendante.

Des attaques ciblées qui exposent les limites de la sécurité étatique malienne

Le 9 mai dernier, des combattants affiliés à al-Qaïda dans la région du Sahel, Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM), ont attaqué des bus et des camions civils à Zambougou, dans la région de Ségou, brûlant une quarantaine de véhicules. Aucun soldat malien n’était présent pour assurer la sécurité sur place, souligne Human Rights Watch. Trois jours plus tard, l’ambassade de Chine à Bamako a recommandé à ses ressortissants de quitter plusieurs zones minières à cause d’attaques armées et de la répression gouvernementale contre l’exploitation minière illégale. Cette situation préoccupante gagne plusieurs régions, comme Kenieba, Bougouni et Foulou.

Les enlèvements de citoyens étrangers parmi les conséquences sécuritaires

En 2025, un recensement via BBC Monitoring a fait état de 38 ressortissants chinois parmi 89 étrangers enlevés en Afrique, principalement dans l’industrie aurifère du sud-ouest malien. Ces chiffres révèlent l’exposition des travailleurs chinois à des risques accrus. Dmitri Khmelnitsky, analyste du contexte africain, souligne que la situation sécuritaire dégradée au Mali et dans la région complique la protection de ces acteurs économiques.

La Russie, un exemple à la fois militaire et problématique

Depuis fin 2021, la Russie s’est directement engagée dans les opérations militaires maliennes, notamment via la société militaire privée Wagner, puis plus récemment avec le groupe Africa Corps sous commandement du ministère russe de la Défense. Leur implication a été marquée par la bataille de Dioura (10 septembre) où plus de 100 soldats maliens et cinq membres de cette force russe ont péri. Cette présence russe est cependant controversée en raison d’actions imputées à Wagner, notamment des attaques contre des civils.

La stratégie chinoise : coopération sans intervention armée directe

À l’inverse, la Chine reste sur une approche prudente. Ses sociétés de sécurité, comme DeWe Security Service Group, formée par d’anciens officiers des forces armées chinoises, n’engagent pas directement d’opérations de combat mais se contentent d’organiser l’évacuation et la sécurisation par des équipes locales ou amiables – comme lors de l’évacuation de travailleurs à Juba en 2016. Ces entreprises conseillent et forment les gardes locaux et s’appuient sur les forces publiques pour intervenir armées, déléguant ainsi le combat aux autorités nationales.

Un contrôle étatique strict pour éviter les dérives

Cette posture s’explique aussi par le mode de commandement strict des forces armées chinoises. Depuis 2018, la Police armée populaire est soumise directement au comité central du Parti Communiste et à la Commission militaire centrale, coupant ainsi les perspectives d’une autonomie armée commerciale comme avec Wagner. En revanche, cette dépendance à des forces locales ne simplifie pas la surveillance des pratiques, notamment lorsque des violations des droits surviennent.

En somme, la Chine privilégie un modèle de présence sécuritaire en harmonie avec les États africains, évitant la multiplication des acteurs armés privés et les risques d’escalade, une approche à observer dans le contexte sécuritaire fragile du Sahel.

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